Que faire une fois le plafond du PEL atteint ?

PEL : rendement, plafond et alternatives

Le plan d’épargne logement (PEL) est une solution d’épargne autrefois très intéressante pour placer son argent en vue de préparer un achat immobilier. En 2020, le contexte macro-économique (en particulier la politique de taux bas) a rendu le PEL peu intéressant. Nous allons voir pourquoi et quelles sont les alternatives dont disposent les épargnants pour placer leur argent.

Rappel sur le fonctionnement du PEL

Le PEL est un produit d’épargne associé à l’ouverture d’un droit à un crédit immobilier. La rémunération du PEL et le taux du prêt immobilier (accordable en cas d’achat immobilier) dépendent de la date d’ouverture du plan (voir plus bas).

Le plafond du PEL est fixé à 61 200 €. Notez qu’il s’agit du plafond des versements. L’encours peut dépasser ce plafond puisque les intérêts s’accumulent sur le PEL.

L’épargnant doit placer au minimum 45 € par mois (soit 540 € par an) pendant 10 ans lors de la phase d’épargne. Au-delà de cette date, il n’est plus possible de faire des versements sur le PEL. Enfin, tout retrait entraîne la clôture du PEL.

Qu’attendre d’un PEL ?

Les anciens PEL offrent des rendements intéressants. Ainsi, un PEL ouvert entre le 1er août 2003 et le 31 janvier 2015 délivre un rendement de 2,50 %. Ce taux est très supérieur à l’inflation et au taux que délivrent actuellement les livrets réglementés comme le livret A (0,50 %). Les PEL plus anciens délivrent des performances encore supérieures. Malheureusement, les nouveaux PEL offrent un rendement beaucoup plus faible (1 % brut).

En sus de ce rendement, le PEL ouvre droit à un crédit immobilier dont le taux est également défini à l’ouverture. Quelle que soit la date d’ouverture du PEL, le taux du crédit immobilier accordable via le PEL n’est pas compétitif avec les offres auxquelles les accédants à la propriété peuvent se financer dans les banques de détail.

Ainsi, un PEL ouvert à partir du 1er août 2016 délivre un rendement de 1 % et donne accès à un crédit immobilier au taux de 2,20 %. Alors que les crédits actuels tournent autour de 1 % sur 20 ans ! Les PEL plus anciens donnent accès à des conditions de crédit encore moins favorables. Les personnes souhaitant financer l’achat de leur résidence à crédit n’ont donc plus aucun intérêt à profiter du mécanisme de prêt auquel le PEL donne accès.

Envisager le PEL comme un simple produit de placement sans risque

Si l’on met de côté l’offre de crédit inintéressante, le PEL peut être envisagé comme un simple véhicule d’investissement sans risque pour son épargne. Il se compare favorablement aux livret A et LDDS dont le taux de rémunération est actuellement à 0,50 %, tandis que le PEL délivre un rendement de 1 % avant impôt.

La fiscalité du PEL dépend de sa date d’ouverture. En cas d’ouverture avant 2018, les intérêts générés sur un PEL de moins de 12 ans ne sont soumis qu’aux prélèvements sociaux de 17,20 %. Au-delà de cet âge et pour les PEL ouverts depuis 2018, les intérêts sont imposés à hauteur de 30 % (le prélèvement forfaitaire libératoire) ou au barème progressif si cette option se révèle avantageuse (c’est le cas pour les personnes aux revenus faibles). Quel que soit le cas de figure, actuellement la rémunération nette d’impôt du PEL est supérieure à celle des livrets.

Principale alternative au PEL comme placement : le fonds euro

En termes de placements sans risque, la principale alternative au PEL est le fonds euro. Les fonds euro en assurance vie sont des supports d’investissement sans risque. Très populaires, ils constituent 80 % des encours investis au sein des contrats d’assurance vie, soit près de 1500 milliards d’euros.

Bien qu’en baisse tendancielle, les fonds euro délivrent des performances généralement supérieures à celle du PEL. La performance moyenne des fonds euro s’établit vers 1,5 % en 2019, mais les meilleurs fonds euros parviennent à délivrer des performances supérieures à 2 %. En plus de cette bonne performance, les fonds euro bénéficient du cadre fiscal particulièrement avantageux de l’assurance vie. Dès lors que le capital reste dans l’assurance vie, les gains annuels réalisés sur les fonds euro ne sont soumis qu’aux prélèvements sociaux, dont le taux est de 17,2 %. Et au moment de la sortie des capitaux de l’assurance vie, un abattement de 4 600 € s’applique sur les plus-values si le contrat a plus de 8 ans.

Les épargnants souhaitant investir leur argent ont-ils intérêt à privilégier les fonds euros plutôt que le PEL ? Les fonds euro ont constitué la solution la plus intéressante ces dernières années. Le seul avantage du PEL est que leur rendement est défini au moment de l’ouverture. Ce taux est actuellement de 1 %. Si la performance des fonds euro descend sous les 1 % dans les années à venir, le PEL pourrait retrouver un intérêt pour les épargnants. Mais le grand avantage de l’assurance vie, c’est que l’on peut sortir de l’argent à tout moment sans casser le contrat d’assurance vie, contrairement au PEL.

Conclusion

En conclusion, les conditions de crédit auxquelles donnent accès le PEL ne sont plus intéressantes. Le PEL doit donc être envisagé comme une simple solution d’épargne sécurisée. Aussi, il n’est pas nécessaire d’attendre de plafonner son PEL avant d’envisager d’autres placements pour sécuriser son épargne. Les fonds euros en assurance vie constituent aujourd’hui une alternative plus intéressante. Les épargnants devront rester attentif à l’évolution des taux dans le futur pour arbitrer entre les fonds euros et le PEL si le second choix redevient plus intéressant.

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